Grandeur et misère de l'antiracisme : le MRAP est-il dépassé ?

L'auteur relate le M.R.A.P. et ses luttes : contre le racisme et
l'antisémitisme ; pour la paix dans le monde ; pour la reconnaissance
des massacres d'Algériens (notamment en 1961) et contre
l'amnistie qui couvre le crime de Charonne en 1962 ; pour une
loi spécifique permettant de punir comme tels les actes racistes et
l'incitation à la haine raciale. Puis, il dénonce la direction actuelle
du M.R.A.P. qui, du combat contre le racisme, glisse insidieusement
vers le communautarisme, revendique le voile pour les filles
et la viande halal à l'école, engage des poursuites judiciaires
contre les professeurs, les caricaturistes, les philosophes... Il
compare avec d'autres Mouvements créés plus récemment par des
jeunes Français d'origine arabe, comme S.O.S racisme et Ni putes
ni soumises qui, refusant toute connotation religieuse ou
communautaire, élargissent à l'antisémitisme leur combat contre
tous les racismes. Maurice Winnykamen, illustrant son propos de
nombreux exemples, dénonce la prise en main du M.R.A.P. par
les communautaristes musulmans et la «compréhension» de sa
direction à l'égard de «l'antisémitisme des banlieues».
Toutefois, tout ne lui semble pas perdu. Certaines sections du
M.R.A.P. résistent à cette dérive. Il est encore temps de sauver le
Mouvement, à moins qu'il ne soit irrémédiablement dépassé...