Quelques vers. Allégories, paraboles et fables

Comment ignorer aujourd'hui Arthur Schopenhauer,
philosophe à la mode s'il en est ? Nombreux semblent
assurément ceux, parmi les désabusés de notre temps, qui
ne répugnent pas à se reconnaître dans « l'immortelle pensée
du plus grand saccageur de rêves qui ait passé sur la terre »,
selon l'illustre formule de Guy de Maupassant dans Auprès
d'un mort (1883)... Mais au milieu de ces « intéressés du
futur », ainsi que l'exprimait notre pessimiste, que personne
ne lisait encore ou ne prenait au sérieux vers 1850, mais qui
croyait en son génie et en l'avenir de son oeuvre, qui connaît
toujours le poète ? Ces Quelques Vers viennent pourtant clore
le recueil fameux qui valut au penseur un début de notoriété :
Parerga et Paralipomena (1851), et ils méritent sans doute à ce
titre, et ne serait-ce qu'à cause du romantisme indéniable qui
s'en dégage, qu'on s'y arrête enfin, au moins autant en tout
cas que sur les Allégories, Paraboles et Fables , plus classiques il
est vrai, qui les précèdent. Cet ensemble est proposé dans une
traduction nouvelle, avec le texte original en regard... (C. J.)