A bas la calotte ! : la caricature anticléricale et la séparation des églises et de l'Etat

A la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, l'Eglise catholique et
la République s'affrontent pour la domination
des institutions du pays. Réactionnaire,
conservateur et monarchisant, le clergé,
véritable Etat dans l'Etat, s'arc-boute sur le
considérable budget du culte qui lui est
alloué, régente l'école et refuse la loi civile.
Philosophes, rationalistes, libres-penseurs
et Républicains dénoncent avec vigueur cette oppression et réclament des mesures de
laïcisation, militant pour la séparation des Eglises et de l'Etat.
Les deux camps se livrent alors une véritable guerre idéologique en utilisant, notamment,
la puissance de l'image. Elaborant un langage trivial et violent, la caricature anticléricale,
imprimée sur les supports les plus variés, devient une arme de combat aux mains du milieu
libre penseur, très actif depuis l'affaire Dreyfus. Volontiers effrontée et blasphématoire,
cette imagerie satirique envahit la rue, commente les crises et les alimente, diffusant non
seulement une vision infamante du clergé mais attaquant aussi, pour la première fois, les
«saintes» écritures et les dogmes. Si les Républicains au pouvoir font finalement voter,
en 1905, la loi de separation des Eglises et de l'Etat, l'imagerie anticléricale s'était
donné pour tâche de séparer les Eglises de toute la société, sur le terrain moral, affectif
et idéologique. Elle continue aujourd'hui, d'oeuvrer en ce sens au travers de journaux
comme Chatlie-hebdo ou le Canard enchaîné.
Une oeuvre immense et passionnante d'une étonnante actualité qui aura inspiré
certains des meilleurs dessinateurs de la Belle Epoque comme André Gill, Pépin,
Grandjouan, Delannoy...