La construction d'une conscience nationale au Congo par les musiciens

Un grand nombre des musiciens qui avaient largement contribué
à la construction d'une conscience nationale au Congo sont morts,
malheureusement. C'étaient nos plus grands musiciens, nos anciens,
et Dieu sait comment nous honorons nos morts et respectons nos anciens.
C'étaient de flamboyants chanteurs à textes, qui avaient vu venir de
loin le monde et l'âge de fer d'aujourd'hui. Tout ce qui a été prédit par
eux est arrivé ; ils ont inventé un vocabulaire et forgé une mythologie,
si bien que le temps, fort heureusement, n'a pu effacer leurs voix ni le son
de leurs instruments.
Loin de nous l'idée d'opposer ces trouvères d'antan à la jeune
génération des musiciens d'aujourd'hui ; nous ne cachons pas
notre position d'encenseur des chanteurs à textes d'hier, mais nous
apprécions que les jeunes musiciens perpétuent à leur manière l'oeuvre
de construction de la conscience nationale au Congo, à la suite
des anciens.
Ce qui est sûr, c'est que tous les musiciens, jeunes et vieux, doivent
savoir qu'ils n'ont que le Congo et la conscience nationale à construire
pour que le pays chante et danse dans l'allégresse et qu'il ne chancelle
pas comme un homme ivre sous une pluie de feu.