Euclide l'Africain ou La géométrie restituée : enquête mathématique et historique

Texte mathématique fondamental le plus ancien conservé
jusqu'à présent, les Éléments d'Euclide, datés du IIIe siècle av.
J.-C., forment la base sur laquelle la science physico-mathématique
s'est érigée depuis lors. Une analyse serrée des
textes de l'époque montre que le concept, toujours valide, de
théorie axiomatique naît dans cette oeuvre.
Or l'individu Euclide a été occulté par l'histoire. L'ombre est
entretenue sur les conditions dans lesquelles il a travaillé ; les
antécédents de l'oeuvre sont mensongèrement décrits ; dans
l'oeuvre même, la théorie géométrique qui en constitue la suprême
merveille reste, après bientôt vingt-trois siècles, incomprise, mal
lue. L'établissement du texte doit aussi être considéré comme
inachevé.
C'est à partir de sa simple envie de pratiquer la géométrie de
façon correcte, claire et complète que l'auteur a été amené à des
observations encore jamais produites sur le texte des Éléments,
puis à des questionnements bouleversants sur la réception
défectueuse dont l'oeuvre d'Euclide, comme celle de ses premiers
véritables successeurs que furent Janós Bolyai et NikolaÏ
LobatchevskiÏ, ont été l'objet. Suivis par des réflexions sur
l'étrange occultation de la figure du savant alexandrin.
La recension de la trahison des clercs, de leur infâme
soumission à la puissance temporelle est, en supplément à l'étude
mathématique, à découvrir dans le texte ici publié. «Mon travail,
écrit Christian Velpry, s'inscrit naturellement dans la ligne
rouverte par Cheikh Anta Diop, dans le Risorgimento africain
qu'il a de fait lancé ; mais il s'inscrit aussi dans le nombre,
effroyablement minime à ce jour, des contributions faites par des
Européens recherchant la justice et la vérité».