Christian Seanséau : bleu salé

Navigateur, marin-pêcheur, constructeur de bateaux,
plongeur professionnel... Christian Sanséau a exercé
nombre de métiers de la mer avant de se consacrer
à la peinture.
Ciels d'orage, coups de vent, scènes de pêche,
ambiances de café du port ou gamins jouant sur la
plage, l'artiste nous entraîne dans un monde nourri
de son quotidien et de ses expériences passées.
Pleine d'énergie, de couleurs et de bonne humeur,
sa peinture fleure bon le sel et l'écume. Empreinte
de sincérité et de tradition, elle brosse le portrait
d'une Bretagne authentique et vivifiante, où les
saisons rythment la vie tantôt laborieuse, tantôt
festive des gens du bord de mer.
Eté 1952 : Naissance à Pontivy (Centre
Bretagne). Enfance heureuse au bord du Blavet.
Construit des radeaux, puis des canoës, avec ses
frères, prend d'assaut des îles désertes, accumule
les robinsonnades et les compétitions, en eau douce.
1971 : Malgré son intérêt pour les cours de
dessin, déserte le lycée en première. Vagabondages
en Europe, et au Moyen-Orient. Faute de pouvoir
payer son visa, il est refoulé à la frontière du
Koweit... il ne sera pas émir.
1972 : Embarque sur un chalutier lorientais.
Nord-Ecosse en janvier... il ne sera pas pêcheur.
1973 : Achète un cotre de Carantec avec son
frère et un copain. Pour financer sa remise en état,
fait à peu près tous les boulots en Suisse.
1974 : Départ avec le Vainqueur des Jaloux ,
traverse l'Indépendance du Cap-Vert, puis
l'Atlantique. Bouffe de la vache enragée.
1976 : Repart en mer avec sa femme. Vit de
poissons, d'amour et d'eau de mer, plonge en
apnée au Cap-Vert avec les pêcheurs, vend ses
aquarelles aux touristes des Antilles.
1978 : En rentrant, crée un chantier naval
avec son frère, puis devient plongeur professionnel.
Peint pour le plaisir.
1986 : Première exposition dans la presqu'île
de Rhuys. Succès. Faut-il rester plongeur ?
1991 : Se consacre exclusivement à la peinture.
«Je n'aimais pas ce milieu, je n'étais pas du sérail.
Je mettais de la couleur partout, ils disaient que
j'exagérais. C'était mon style, je ne cherchais pas à
plaire à tout le monde. Mais ça plaisait.» Il sera peintre.
2003 : Il l'est toujours. Il signe des faïences,
des textiles. Ce drôle de peintre indigène de basse
Bretagne a quitté le Blavet pour une rivière salée.
D'une rive à l'autre, le chemin est sinueux, mais la
source toujours vive où s'abreuve l'artiste (faux
proverbe chinois).