Actes du GTPSI. Vol. 4. Fantasme et institution : actes du GTPSI, Grenoble, les 11 et 12 novembre 1961

Ce qu'il faut retenir, c'est que le fantasme,
qui se présente comme quelque chose de
singulier, de personnel, d'incompréhensible,
de massif, quelle que soit la voie
d'accès qu'on y trouve, le point méthodologique,
c'est de dire, d'abord, que le
fantasme implique l'Autre.
À partir de ça, j'essaie d'avancer une
définition provisoire du fantasme : le fantasme
est une représentation imaginaire
ayant pour fin de mettre l'Autre en posture
de répondre au désir, comme il est
impossible qu'il le fasse en réalité ; ça,
c'est une hypothèse.
Pourquoi impossible ? Cette impossibilité
a sa source dans des raisons de
structure. Ces raisons de structure, c'est
qu'elles aboutissent à ce qu'automatiquement,
le Sujet est amené à éluder le
désir, et donc, du même coup, à manquer
l'Autre, d'une façon ou d'une autre.
C'est important, «d'une façon ou d'une
autre», parce que ça déterminera une
certaine qualité du fantasme et que ça
permettra de le situer dans ce que j'appelais
une «histoire», genre histoire
hégélienne des figures du fantasme.