Ousmane Sembène, une conscience africaine : genèse d'un destin hors du commun

De ousmane sembène, écrivain
mondialement reconnu et «père du
cinéma africain», on ne sait que peu
de chose. Né en Casamance en 1923,
mort à Dakar en 2007, fils de pêcheur,
il a été maçon, tirailleur dans l'armée
coloniale pendant la Seconde Guerre
mondiale, puis docker à Marseille où
il a découvert le marxisme-léninisme.
Syndiqué à la CGT et membre du Parti communiste français
dans les années 1950, il a participé sur le quai de la
Joliette à toutes les manifestations contre l'exploitation
des ouvriers, les guerres coloniales d'Indochine et d'Algérie
et la guerre de Corée.
De son «village africain» de Marseille, ce militant
autodidacte à la limite de l'illettrisme a organisé la défense
des travailleurs noirs d'abord dans la cité phocéenne puis
dans toute la France, et a travaillé avec acharnement à la
promotion des organisations politiques dédiées à la libération
de l'Afrique.
C'est à partir de cette expérience hors norme, de son
combat contre l'exploitation et l'oppression des peuples
que Ousmane Sembène, «Le docker noir», a produit une
oeuvre littéraire et cinématographique majeure. Convaincu
de la prééminence de l'action culturelle sur l'action politique
«directe», il a décidé de se faire «la bouche des malheurs
qui n'ont point de bouche».