Comme une aubade

Maggy De Coster est avant tout poète, et a le don de l'image
tendre et juste, telle cette «nuit qui abaisse les paupières du
jour» ou l'herbe «qui soupire après le soleil». Déjà, le titre,
Comme une aubade , indique la direction. Une journée qu'on
poursuit à l'aube, riche de sentiments, et de sentiments forts.
C'est comme si la page sombre des doutes et d'une nuit inquiète
qui s'achève se tournait pour s'ouvrir sur les encourageantes
lueurs d'un soleil promis. Très vite on aborde la souffrance, ou
du moins son souvenir, les expériences amères avec leur
«cargaison de plaintes», les remontées des «épaves de haine»,
les douleurs du «venin de l'aspic», mais transcendées par «les
accords inattendus» et les «trésors d'humanité». Toutefois
l'art de Maggy De Coster échappe à la mondanité comme à la
superficialité. D'une part, les recherches de l'écriture sont
exigeantes, en particulier dans l'art âprement difficile du
poème en prose. D'autre part, on sent affleurer à la surface des
mots une immense souffrance.
Jean-Noël Cordier
Vice-président de la Société des Poètes Français