Langues médiévales ibériques : domaines espagnol et portugais

Langues médiévales ibériques : domaines espagnol et portugais

Langues médiévales ibériques : domaines espagnol et portugais
Éditeur: Brepols
2013540 pagesISBN 9782503504704
Format: BrochéLangue : Français

La Péninsule ibérique, qui est une unité géographique évidente (aux yeux

des étrangers...), devient au Moyen Âge, une fois passée la phase d'unité wisigothique,

une zone de particularismes politiques et de grande diversité culturelle.

Cette complexité s'exprime particulièrement dans la variété des langues vulgaires.

Au sud, l'arabe joue un rôle notable dans la culture écrit - et c'est là une des

principales originalités hispaniques par apport au reste de l'Occident médiéval -,

mais il voisine avec des dialectes romans dits « mozarabes », employés massivement

dans la communication verbale. Au nord, la différenciation politique, entre

le VIII<sup>e</sup> et le XII<sup>e</sup> siècle, renforce la diversification linguistique, avant que des processus

d'expansion et de centralisation, entre le XI<sup>e</sup> et le XV<sup>e</sup> siècle, ne conduisent

à la domination - au moins à l'écrit - des normes linguistiques castillane (dans le

centre de la Péninsule) et galégo-portugaise (à l'ouest), aux dépens de dialectes qui

leur sont de toute façon assez proches (léonais, navarrais, aragonais) et aussi aux

dépens de l'arabe. Enfin, à l'est, le catalan, qui franchit les Pyrénées, appartient

aux langues d'oc, et les régions ibériques catalanophones, qui sont d'ailleurs d'une

richesse documentaire sans pareille, ont une histoire très liée au monde franc,

depuis l'intervention carolingienne ; pour ces raisons, ce domaine linguistique est

exclu de ce volume, comme le basque et l'arabe en tant que tel.

C'est de cette richesse que ce livre veut rendre compte. Sans être aussi précoce

que pour les langues germaniques, l'emploi des langues vulgaires ibériques

à l'écrit s'observe assez tôt, à partir du début et plus encore du milieu du XIII<sup>e</sup>

siècle, et surtout il devient rapidement massif, en complément du latin : il est

donc essentiel, à qui veut étudier et comprendre l'histoire des populations médiévales

de la Péninsule ibérique, d'accéder aux textes rédigés dans ces idiomes,

d'autant plus que les écrits du bas Moyen Âge constituent, au moins autant

qu'ailleurs, la plus grande masse de la documentation conservée. Dans ce but, le

parcours proposé ici est triple :

- les traductions en regard des textes originaux, avec leurs commentaires philologiques,

permettent de s'initier rapidement aux règles linguistiques nécessaires

à une lecture suivie ;

- le choix des documents, qui tente de refléter ce qui subsiste - et même ce

qui a existé - des textes médiévaux, et leur classement en fonction des pratiques

sociales et culturelles offrent un panorama complet et représentatif des registres

de langues, depuis les plus modestes chartes de vente jusqu'aux récits de fiction

les plus élaborés ;

- les chapitres introductifs et les bibliographies de travail constituent un

guide pour la recherche historique.

L'ouvrage peut donc être utilisé par l'étudiant et le chercheur comme un

manuel et comme un instrument de travail (un « atelier », selon la philosophie

de cette collection, mais il peut servir aussi de cabinet de curiosités où l'honnête

homme découvrira des langues sonores et savoureuses, un art d'écrire, bref

l'essence même d'une culture.

L'atelier du médiéviste

Rechercher, comprendre et exploiter la documentation

médiévale demande un difficile apprentissage.

C'est pourquoi des spécialistes se sont réunis

pour transmettre savoir, expérience, tours de main

et secrets d'atelier.

Les volumes de la collection « L'Atelier du

médiéviste » sont consacrés à l'approche critique

des grandes catégories de sources (chartes, armoiries,

inscriptions, monnaies, sceaux, documents

archéologiques, images), au décryptage des textes

(paléographie, identification des sources et des

citations), aux langues de l'Europe du Moyen Âge,

à des domaines précis de la recherche (droit civil

et canon, histoire économique et sociale, histoire

monastique et canoniale, liturgie, théâtre, folklore,

mouvements hérétiques, histoire byzantine, etc.),

aux méthodes d'exploitation des sources (traitements

statistiques).

Dans tous les cas, les notions de base sont

assorties de bibliographies critiques, de conseils pratiques

et d'ouvertures vers de nouveaux territoires

d'enquête. La plus grande place est réservée aux

documents eux-mêmes, reproduits, traduits, expliqués,

analysés avec un souci constant : montrer une

méthode à l'oeuvre.

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