Les résistances à l'Europe : cultures nationales, idéologies et stratégies d'acteurs

La question d'une hostilité, latente ou déclarée,
vis-à-vis du procès d'intégration européenne est
désormais d'une actualité évidente. Pour la première
fois dans son histoire, la construction
européenne pourrait être interrompue, ou du
moins sérieusement ralentie, par la désaffection
des électorats et de certains de ses dirigeants.
Pourtant, tant les objectifs que les formes prises
par les mouvements d'opposition à l'intégration
européenne diffèrent grandement d'un pays à
l'autre. D'une part, ces «résistances à l'Europe»
expriment des valeurs issues de cultures politiques
particulières. D'autre part, le choix d'un
acteur politique de «s'opposer» à la construction
européenne est largement fonction des
perspectives stratégiques ouvertes par un tel
positionnement dans les différents contextes
nationaux. Enfin, les «résistances à l'Europe»
sont issues de matrices idéologiques souvent si
opposées entre elles qu'aucun «front commun»
ne paraît envisageable. Loin de s'imposer
comme une nouvelle mouvance transnationale,
la critique de la construction européenne
demeure ainsi un phénomène national profondément
enraciné dans des traditions distinctes.
Pour cette raison, cet ouvrage structure l'étude
des «résistances à l'Europe» pays par pays. Par
souci d'éviter toute convergence artificielle, des
cas nationaux ont été sélectionnés en vue de
confronter différents contextes intellectuels et
politiques.