Mémoires. Vol. 8. La succession du duché de Mantoue

"Il fallait sur toutes choses achever de détruire
la rébellion de l'hérésie, prendre Castres, Nîmes,
Montauban et tout le reste des places de Languedoc,
Rouergue et Guyenne ;
Il fallait raser toutes les places qui n'étaient
point frontières, ne tenant point les passages des
rivières ou ne servant point de bride aux grandes
villes mutines et fâcheuses ; parfaitement fortifier
celles qui étaient frontières ; décharger le peuple ;
faire que S. M. fût absolument obéie des grands et
des petits ; racheter le domaine du royaume et augmenter
son revenu de la moitié ;
Pour le dehors, il fallait avoir un dessein perpétuel
d'arrêter le cours des progrès d'Espagne ; et,
au lieu que cette nation avait pour but d'augmenter
sa domination et étendre ses limites, la France
ne devait penser qu'à se fortifier en elle-même et
bâtir et s'ouvrir des portes pour entrer dans tous
les États de ses voisins et les pouvoir garantir de
l'oppression d'Espagne, quand les occasions s'en
présenteraient ;
Et pour cet effet, la première chose qu'il fallait
faire était de se rendre puissant sur la mer, qui
donne entrée à tous les États du monde ;"