Jongleurs et troubadours du Gévaudan

Jongleurs et Troubadours
Gévaudanais
Plus souvent gueux que riches, ayant pour toute fortune leurs quelques chansons, ils s'en allaient de château en château, au bon vieux temps où à la place des ruines qui jalonnent nos monts, flottaient au-dessus des forteresses et des manoirs les bannières des puissants barons et seigneurs disparus depuis longtemps. La herse du castel se levait dès que la trompe du héraut signalait au loin l'approche de quelque poète errant suivi de son jongleur et apportant avec les nouvelles du royaume la gaîté de ses chansons. Attendu comme un messager, maîtres et valets saluaient et acclamaient le chanteur dont la présence allait dissiper pendant quelques heures la tristesse tombant des sombres plafonds et des vieilles murailles.