Front de mer : petites histoires de contretemps et malentendus

Alors que j'écrivais un de mes livres, - recherches
ardues, tension forte - venaient tourner autour de moi
des phrases et des souvenirs qui me donnaient envie de
lâcher un bref instant ce que j'accomplissais avec tant de
sérieux. Le résultat est là : de brefs récits, des contes, des nouvelles,
sortis de ma mémoire affective trop longtemps mise de
côté au service d'autres causes, ou des réminiscences de vie
qui ne m'appartiennent pas.
J'écrivais quand cela se présentait, sans vouloir forcément
faire un tout. C'était comme une bouffée d'un autre air, pas
nécessairement heureux ou drôle, mais qui s'imposait de façon
impérieuse et sans une quelconque logique. Ce ne fut que
lorsque j'arrivais à un certain nombre de pages et de contes,
que je pris conscience du lien qui les unissait et surtout de
cette sorte d'idée fixe qui les animait. Alors, je les ai rassemblés,
je les ai mis en ordre - pas celui du temps où ils furent
écrits - et je leur ai donné une identité : puisque de façon récurrente
la mer - avec ce que cela peut avoir de signifiant - était
présente dans tous les récits, alors il fallait faire "Front" et le
titre s'est imposé, sans doute réminiscence avec ma naissance
en terre Algérienne : "Front de Mer". Quant au sous titre il
était aussi récurrent que le précédent et éclairerait le lecteur
sur l'intention de ce petit recueil.
Voilà comment, avec des embruns au visage, des larmes
salées, ou un rire amer, on peut passer sans ennui, j'aime à le
penser, un temps à lire, volé au temps.