La rivière de pierre

«Karim est mon ami. Et il vit au Yémen, au bord de la mer
Rouge où il est pêcheur. Bien que nous nous comprenions
difficilement, moi, avec mon arabe fragmentaire et bancal et lui,
avec son français de bazar, il est mon ami et c'est ainsi.»
Les sept nouvelles regroupées dans ce recueil forment
une fresque qui illustre les ambiguïtés, les limites mais aussi
les richesses de la rencontre entre monde arabe et Occident,
aujourd'hui. À travers une série de portraits de petites gens pour
la plupart, se dessinent l'humanité irréductible de chacun devant
l'Histoire et la difficulté de vivre, lesté du poids omniprésent de
la mémoire vivante. Quant à ce face-à-face, s'il tourne parfois à
la confrontation, il est aussi une façon de se pencher sur «eux»,
c'est-à-dire, en fin de compte, de méditer sur «nous».
C'est donc à des retrouvailles mutuelles que nous invitent,
du fond de leur djebel, de leur désert ou de leur banlieue, le
vieil Abdallah, Karim le pêcheur, Hakim le révolté mais aussi le
docteur Berland ou Madame Parini. Car chacun, à sa manière,
nous rappelle cette évidence éternelle : nous sommes nus. Et nous
devons l'assumer.