Les peintres réalistes russes en France (1860-1900)

Les réformes de Pierre le Grand ouvrent la Russie à l'Occident. Le tsar met en
place le système d'enseignement qui se poursuit par un séjour à l'étranger.
L'Académie des beaux-arts, fondée à Saint-Pétersbourg en 1757, reprend ce
système d'enseignement artistique et récompense ses meilleurs élèves par des
bourses permettant un séjour en Occident. Dans la deuxième moitié du
XIX<sup>e</sup> siècle, on constate une exceptionnelle présence de peintres russes en
France. Le système choisi par l'Académie - des séjours de relativement longue
durée, sans obligation de résidence - permettait, à la différence de la pratique
française du séjour à Rome, d'acquérir une véritable culture internationale, celle
qu'offrait précisément Paris. Tous les grands maîtres du mouvement des
ambulants ( peredvijniki ), qui ont joué le rôle principal dans l'affirmation du
réalisme, sont passés par Paris. On y trouve Vassili Perov et Alexeï Bogoliubov,
Ilia Repine et Vassili Polenov, Ivan Kramskoï et beaucoup d'autres. L'auteur
aborde l'histoire de ces artistes en France en faisant un choix judicieux et en
insistant sur des destinées originales comme celle de Verechtchaguine ; elle
passe en revue leurs lieux d'habitation et de travail, tels que Veules-les-Roses en
Normandie, et présente l'activité des organisations qui contribuèrent au bon
déroulement de leurs séjours, comme l'Association d'entraide et de bienfaisance
des artistes russes à Paris. L'ouvrage propose un regard nouveau sur un chapitre
essentiel des échanges franco-russes.