Cahiers Gaston Bachelard, n° 9. Bachelard, Gonseth, Piaget : l'éducation ouverte

Dans son ouvrage La philosophie du non, Bachelard défend la thèse selon
laquelle : «L'enfant naît avec un cerveau inachevé et non pas, comme le postulat de
l'ancienne pédagogie l'affirmait, avec un cerveau innoccupé». Pour lui, l'homme
existe en formation. En effet, en formant, les concepts et les images, l'esprit et l'âme
se forment. Et c'est cette dialectique entre les sens objectifs et subjectifs de la
formation qui constitue le coeur de la pensée bachelardienne.
De même l'oeuvre de J. Piaget peut être appréhendée avant tout comme une
logique du développement et de l'auto-construction du sujet, tant biologique que
psychologique, et de ce dernier point de vue, tant de ses actions que de ses
démarches de connaissance.
Quant à Gonseth, après avoir fait référence aux recherches psychogénétiques de
Piaget, il développe l'idée que, dans la sphère de l'imaginaire (exercice du langage,
esthétique, voire éthique), le développement de l'enfant obéit à un programme non
pas linéaire mais ramifié, et si les forces exogènes sont coercitives, elles ne génèrent
que blocages et déviances. Il demande donc que l'éducation soit ouverte.
Le présent volume consiste à traiter ce thème de l'éducation ouverte en le plaçant
sous l'éclairage conjoint de l'imaginaire et du rationnel, chez Bachelard, Gonseth et
Piaget.