Vente de médicaments à la sauvette à l'ouest du Cameroun

Le marché des médicaments repose à l'Ouest-Cameroun sur un
système de relations. Ce marché est animé par des déviants
apparents qui sont les acteurs visibles.
Mais ces premiers acteurs seraient absolument inaptes s'il
n'existait pas un second groupe de déviants clandestins constitué
d'agents véreux des secteurs sanitaires publics, des structures
pharmaceutiques et du personnel de la sécurité publique.
La grande partie de ces médicaments est importée. Elle entre
sur le marché en passant par le Bénin et surtout par le Nigéria. Le
transit est facilité par les déviants clandestins relevant des services
de la sécurité au Cameroun.
Ces médicaments sont très variés. Ils sont fabriqués en Inde, au
Nigéria, aux États-Unis et en France. Les déviants apparents
s'approprient en priorité des produits pouvant combattre les
maladies courantes à l'Ouest-Cameroun, principalement la
quinine, la maloxine et surtout le paracétamol. Ces produits sont
vendus en détail et en gros. Les médicaments sous forme générique
y sont privilégiés, car les couches sociales indigentes vivant dans
cette région y ont facilement accès.
Au Cameroun, les pouvoirs publics déploient, de manière
épisodique, des moyens non négligeables pour combattre ce fléau.
Mais il résiste puisque la lutte est orientée seulement vers les
déviants apparents.