Edith Piaf : dix minutes de bonheur par jour, c'est déjà pas mal

Elle prodiguait du rêve, du bonheur et du malheur. Elle
n'appartenait à aucun temps. L'éternité était son unique
richesse. Rien avec elle n'était ordinaire. Ni sa voix ni
sa volonté de vaincre. Elle lançait son âme sur des tapis
de complaintes. Elle avait une faculté pour accrocher le
public, le toucher, l'émouvoir. Quand elle était sur scène,
il y avait beaucoup d'amour dans la salle, le coeur était
au rendez-vous et cela se savait.
Edith Piaf ne vivait vraiment, ne respirait que dans
l'atmosphère d'un théâtre, le mouvement d'une tournée.
Elle avait l'intuition infaillible de ce qu'il convenait de faire
sur une scène, là où il y avait la concordance des sons avec
la minute de ses états.
Elle était née le 19 décembre 1915. Elle a assumé totalement
la composition la plus vraie, la plus brûlante, et
qui l'a fait tenir debout avec un extraordinaire appétit
de vivre, jusqu'aux débordements, jusqu'à l'excès dans
le travail et dans sa vie privée, avec une énergie sans
faille qui fascinait et exténuait ses proches. Elle a joué
avec la vie. Une vie qu'elle a dévorée avidement.