Recommandations 2003 du Comité européen sur le risque de l'irradiation : étude des effets sur la santé de l'exposition aux faibles doses de radiation ionisante à des fins de radioprotection

L'évaluation des risques liés à une exposition aux radiations, telle
qu'adoptée aujourd'hui par les experts en radioprotection et qui sert
de base à la législation européenne en vigueur, est grossièrement
insuffisante et scientifiquement obsolète. C'est la thèse brillamment étayée
dans le présent ouvrage par le Comité européen sur le risque de
l'irradiation (CERI) sous la direction de Chris Busby.
Le CERI ne se contente pas d'analyser les insuffisances du modèle adopté
par les experts officiels pour rendre compte des effets de la radioactivité
sur l'homme, il en propose une approche nouvelle. Il se base sur toutes les
données épidémiologiques disponibles et introduit pour le calcul des doses
reçues des facteurs de pondération biologiques et biophysiques qui
rendent compte des effets biologiques au niveau cellulaire pour tous les
types d'irradiation et notamment par contamination interne.
Ainsi, les effets d'une contamination par des particules radioactives microscopiques
(notamment de plutonium ou d'uranium appauvri) se révèlent
100 à 1 000 fois plus graves que prévu par les instances officielles.
De même, l'exposition à certains radio-isotopes particuliers comme le
carbone 14, le tritium ou encore le strontium 90, produits et rejetés par
l'industrie nucléaire, est largement plus dommageable qu'envisagé à ce
jour.
Les scientifiques du CERI recommandent en conclusion des valeurs-limites
plus sévères pour les doses reçues par le public et les travailleurs du
nucléaire et, en conséquence, une réévaluation des exigences légales à
l'égard de l'industrie nucléaire.