L'administration de l'enseignement public au Liban vue d'ailleurs

Cet ouvrage a pour objet d'étudier l'Administration de l'Enseignement
Général Public au Liban (l'AEGPL) avec le concours du modèle de la
sociologie politique et morale, forgé par Luc Boltanski et Laurent
Thévenot. Il est écrit pour deux sortes de destinataires : pour ceux qui
s'intéressent spécifiquement aux divers aspects de l'administration
libanaise et notamment celui de l'éducation, à qui il tente de fournir de
nombreuses données et références ; pour ceux qui s'intéressent, d'un point
de vue plus sociologique, à la construction sociale des dispositifs
administratifs dans une société plurale.
Ce livre analyse l'AEGPL comme administration critique (la société
libanaise comme société critique). Il met l'accent sur les critiques dont elle
est l'objet et sur ce qui fait qu'en dépit de ces critiques l'édifice tient.
Comment l'AEGPL parvient-elle à se maintenir malgré toutes les critiques
qui sont adressées à son modèle et aux modèles éducatif et administratif ?
Comment parvient-elle à persister et à fonctionner en dépit de ses défauts
structurels et organisationnels et bien que les institutions scolaires et
administratives ne soient pas dotées de locaux adéquats, de suffisamment
de fonctionnaires qualifiés et d'équipements matériels ? Cette recherche
explicite les différents facteurs qui permettent à cette administration de
persister.
Le présent ouvrage tente également de proposer un prolongement au
modèle Boltanskien qui en constitue le cadre théorique. De ce livre, on
pourrait dégager un régime d'action différent de ceux de l' agapè ou de la
violence identifiés par L. Boltanski et L. Thévenot. Il s'agit, en
effet, du «régime du tourbillonnement du soupçon et de la critique» qui
concerne spécialement la collectivité libanaise. Ce régime d'action à la
libanaise semblerait aussi être différent de celui de la justification.