Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 104. Les Pères et l'unité

«L'épiscopat est un et chaque évêque en tient une partie
en indivision. L'Église est une, tout en devenant multitude
quand elle s'élargit par la croissance que lui procure sa
fécondité ; c'est de cette manière que les rayons du soleil sont
multiples mais sa lumière unique, que les branches d'un arbre
sont multiples, mais son tronc unique, bien planté sur une racine
qui tient bon, et que, lorsque d'une fontaine unique l'eau s'écoule
en d'innombrables ruisseaux, bien que leur profusion apparaisse
dispersée à cause de la générosité d'une abondance débordante,
leur unité est malgré tout préservée dans leur source. Sépare
du corps du soleil un de ses rayons, l'unité de sa lumière ne se
laisse pas diviser, casse à l'arbre une branche, la branche cassée
ne pourra bourgeonner, coupe de la fontaine un ruisseau, après
la coupure il s'assèche. De même l'Église, inondée de la clarté du
Seigneur, étend ses rayons à travers toute la terre et c'est pourtant
une unique lumière qui partout se répand sans que l'unité
du corps soit divisée ; elle déploie ses branches sur le monde
entier grâce à l'abondance de sa fertilité ; elle étale largement
des ruisseaux au flot généreux, pourtant il n'y a qu'une source
et une origine, et une mère unique riche de fruits renouvelés de
sa fécondité : de son enfantement nous recevons la naissance, de
son lait la nourriture, de son Esprit la vie.»