L'exode des populations bas-normandes au cours de l'été 1944

Le 6 juin 1944, avec le Débarquement, commence la Libération de
la France. Pendant les trois mois de la bataille de Normandie, avant de
connaître le soulagement apporté par cette libération, les Bas-Normands
éprouvent des souffrances multiples. Les bombardements
des communes, l'intensité des combats, mais surtout les ordres d'évacuation
allemands amènent des milliers d'entre eux à partir.
Ce long exode est retracé ici pour la première fois. Puisant dans de
nombreux témoignages, Valérie Laisnay Launay évoque la progression
difficile, les aléas multiples, la fatigue immense, l'incertitude pesante
alors que l'aviation alliée bombarde les voies de communication, provoquant
toujours la panique et souvent la mort dans les colonnes de
réfugiés.
Dans le Calvados et la Manche, la population est livrée à elle-même.
La rupture des communications empêche toute organisation
d'ampleur de l'exode. Membres du Secours national ou de la Croix-rouge,
conseillers municipaux ou préfets, habitants des zones traversées
tentent ici ou là de soulager la souffrance et de venir en aide à la
population sur les routes.
Plus loin, dans l'Orne notamment, une organisation se met petit à
petit en place sous l'égide du SIPEG (Service interministériel de protection
contre les événements de la guerre). Face aux flux énormes de
l'exode c'est toujours plus au sud que les réfugiés sont acheminés,
jusque dans la Haute-Vienne, la Creuse ou la Corrèze.
Début août, avec l'avance rapide des Alliés, les flux tarissent.
Tandis que le GPRF (Gouvernement provisoire de la République française)
découvre tardivement cet exode massif, les réfugiés, sans
attendre les autorisations, commencent à rentrer. Ils retrouvent une
région sinistrée, leur logement détruit, dégradé, pillé. Il faut désormais
reconstruire.