Figures de la jeunesse : fête, ruralité et groupe de jeunes

Si la division de la société en
âges différenciés est fondée sur un critère biologique, il n'en
demeure pas moins que le statut des jeunes dépend bien
moins de leur âge que des limites que la société leur assigne.
Tenter de comprendre les logiques de ce découpage, c'est en
quelque sorte donner à la catégorisation que subissent les
«jeunes» toute sa valeur performative, en acceptant ses
effets matériels, sociologiques et anthropologiques.
L'histoire et l'anthropologie n'ont inscrit que récemment ces
questions dans leurs préoccupations, même si les folkloristes
de l'initiation (Arnold van Gennep) et certains médiévistes
de l'anthropologie historique (Georges Duby) ont déjà
su dire la place à la fois centrale et fragile que les jeunes
occupent dans la société. Cette publication s'inscrit dans
cette perspective et interroge différentes formes de production
sociale de la jeunesse et de regroupements dans le cadre
des sociétés européennes rurales et urbaines, du XVIII<sup>e</sup> siècle
à nos jours. Réunissant des historiens et des anthropologues
qui ont exploré les Alpes, le Pays basque, la Provence
ou les îles Féroé, l'ouvrage s'ouvre sur un entretien avec
Jean-Claude Schmitt qui, dans les années 1990, a renouvelé
le questionnement historique sur les jeunes. Les textes,
appuyés sur de solides descriptions, présentent et analysent
les mille et une façons dont les jeunes s'inscrivent collectivement
dans le monde qui les entoure, jouant et se jouant des
valeurs morales, des contraintes sociales et des modèles traditionnels.