Jean de Bedous : un héros ordinaire : du val d'Aspe aux Vosges, 1943-1944

«- D'où es-tu ?
- De Bedous, dans la vallée d'Aspe.
- Et moi, d'Arras-en-Lavedan, c'est de l'autre côté de
Lourdes, par rapport à ta vallée ! Bienvenue, mon gars !
Pourquoi es-tu là ?
- Je me suis enfui pour m'enrôler dans l'armée française,
je ne supportais plus la présence des Allemands chez nous.
J'ai suivi deux copains qui étaient requis STO, mais moi je
n'avais pas encore l'âge. Mes parents n'étaient pas au
courant de mes intentions.»
François Gerbet apprécie la jeunesse et l'enthousiasme
de celui qui sera un bon compagnon de route : «On
discutait pendant des heures... La milice, la police,
l'enrôlement par la force des choses... Débarquer en France,
se battre, être blessé ou tué. Jean Agnès ne voyait pas les
choses avec le même réalisme. Il était jeune, bouillant,
joyeux compagnon, généreux, mais ne réalisait pas que
c'était en fait la guerre, impitoyable. Moi j'étais plutôt
pessimiste, car la situation était angoissante.»