Champ lacanien, n° 7. Le temps dans la psychanalyse, la psychanalyse dans son temps

Lacan a fait du temps non une donnée inerte du
cadre analytique mais un élément de la cure elle-même,
donc variable. Ce fut un désaccord dans la
communauté analytique.
La question revient de l'extérieur, portée par l'exigence
d'efficacité rapide propre au discours capitaliste.
Or le seul point d'accord des divers courants est
qu'il faut le temps pour s'y retrouver dans l'inconscient,
même pour l'homme pressé de la modernité. Le
temps logique qui chute dans le moment de conclure
ne se contractualise pas. Il reste propre à chacun.
L'idée que l'on se fait de l'usage du temps dans
la cure est solidaire de celle que l'on se fait des
fins de l'analyse. Une psychanalyse va amener un
sujet à prendre le risque du désir et la possibilité
d'inventer ses solutions. Voire peut l'amener jusqu'à
ce désir particulier qui pousse à occuper la fonction
de psychanalyste et à se préoccuper, toujours, de la
transmission de la psychanalyse. La psychanalyse,
toujours didactique, disait Lacan, soit sans distinction
entre son versant thérapeutique et son versant transformatif,
mène à un changement radical de position.
Ainsi dans ce nouveau numéro de la revue Champ
lacanien témoigneront des auteurs en cheminant du
temps qui passe au temps vécu de l'expérience d'une
cure, jusqu'à celui du témoignage d'un passage au
désir de l'analyste.