Le roman d'aventure

Il revient au genre littéraire que nous avons étudié de préserver la distance, l'exception, l'héroïsme, selon certaines règles, communes à Verne et à Conrad, à Dumas et à Stevenson. La complexité, la conscience, la pluralité de significations, la discrète musique de la prose séparent les artistes des auteurs pour bibliothèques de gare et d'aéroport.
Ce que le genre a de meilleur, c'est, outre le charme de la lecture tendue (mais qu'il partage avec l'infra-, la paralittérature), la découverte du monde, des drames naturels et, du côté des personnages, l'imitation des passions élémentaires, plus élémentaires peut-être ou plus permanentes que l'amour : le courage ou la peur, la volonté de puissance, l'instinct de mort. Tous ces livres frivoles portent, pirates et duels, îles et mousquetaires, lanternes sourdes et drapeaux noirs, la marque de notre destinée.
Jean-Yves Tadié.