La marquise de Brinvilliers

Le 17 juillet 1676, à huit heures du soir, cinq jours avant son
quarante-sixième anniversaire, Marie-Madeleine d'Aubray, marquise
de Brinvilliers, fut décapitée en place de Grève à Paris devant une
foule agitée, puis impressionnée par le courage de cette petite
femme au corps si frêle. «Elle est morte comme elle a vécu, avec
résolution», écrira Mme de Sévigné. Présente ce soir-là, la célèbre
épistolière n'aurait pas manqué un instant d'un feuilleton qui tenait
en haleine les Français depuis déjà quatre ans.
Accusée d'avoir empoisonné son père, ses deux frères, son mari,
sa soeur et sa fille, la marquise de Brinvilliers fut en effet l'une
des premières «tueuses en série» de l'Histoire. Mais la marquise
a-t-elle vraiment commis les crimes qu'on lui reproche ?
Agnès Walch, historienne, spécialiste des drames de moeurs, a
mené ce travail d'enquête jusqu'alors inédit. Sous sa plume revit un
Paris passionné par la magie, les poisons, les sciences occultes, un
monde où plus que jamais l'argent fait tourner les esprits, surtout
s'ils sont faibles... Rassemblant les pièces du procès, l'historienne
éclaire d'un jour nouveau le verdict des magistrats influencés par
les préjugés de leur sexe et sous la coupe d'un pouvoir politique
obsédé par le complot. Ni ange, ni démon, la marquise apparaît là
dans toute sa vérité.