Les massacres de septembre

« Il serait injuste d'accuser le peuple parisien
des massacres de septembre : cent cinquante
égorgeurs, au plus, suffirent à la besogne.
Pendant une semaine, ils terrorisèrent Paris : le peuple,
lui, se contenta de regarder, d'être curieux, d'applaudir ;
d'apporter là son amour effréné du spectacle, quel qu'il
soit ; et aussi cette sorte d'équité fruste et servile qui
le poussait à huer les coupables et à embrasser ceux
qu'on lui déclarait innocents. Des récits qui vont suivre
surgiront d'horribles figures ; mais combien plus nombreux furent ceux qui risquèrent leur vie pour sauver
des malheureux dont ils ne connaissaient pas le nom.
Ce sont ces comparses héroïques qu'il faut suivre à
travers le drame. »
Après la chute de la Monarchie en août 1792, l'Assemblée
législative s'incline devant la Commune insurrectionnelle
de Paris, largement influencée par Robespierre. À Paris,
environ 3 000 suspects sont emprisonnés. La peur du
« complot aristocratique », l'inquiétude grandissante devant
l'avancée des troupes prussiennes déchaînent les passions
populaires et provoquent les massacres de septembre
dont le bilan s'élève à plus de 1 000 victimes.
G. Lenotre (1855-1935), historien méticuleux de la Révolution française, nous fait revivre ces terribles instants en
nous faisant pénétrer dans les trois principaux lieux des
massacres : la Force, l'Abbaye et le couvent des Carmes.