La guerre russo-japonaise : 1904-1905

Guerre emblématique symbolisant la
tradition des grandes guerres du XIX<sup>e</sup> siècle,
la guerre russo-japonaise est aussi annonciatrice
du premier grand conflit mondial
du XX<sup>e</sup> siècle combinant l'utilisation massive
de l'artillerie lourde à la cavalerie. Sur mer,
les mines occasionnent de lourdes pertes aux deux
adversaires et la base russe de Port Arthur devient
l'objectif principal des Japonais et le pivot de la défense
russe. La capitulation de ce port stratégique en
janvier 1915, malgré la résistance acharnée de ses défenseurs
et les interventions de quelques croiseurs et torpilleurs
de Vladivostok, ouvre le passage aux Japonais du fleuve
Yalou vers la Mandchourie. Les batailles de Moukden,
du Liao Toung, du Cha-Ho sont autant de défaites
sanglantes pour les Russes, malgré leur héroïsme.
Moins audacieuse et dynamique que l'armée japonaise,
la Russie capitule lors de l'écrasante défaite navale
de Tsoushima (du 27 au 28 mai 1905) qui oblige le
tsar Nicolas II à demander la paix. C'est la
première défaite de grande ampleur infligée à
une nation européenne par un peuple asiatique
depuis les invasions mongoles.
À partir de documents d'époque, Bernard
Crochet et Gérard Piouffre se sont
attachés à retracer les différentes
phases d'un conflit qui, avec dix ans
d'avance, montre l'horreur absolue
de la guerre moderne.