Les entretiens du père Gérard, 1793

Personnalité historique étonnante, le révolutionnaire
François Boissel (1728-1807 ?) est décrit par Jaurès dans son
Histoire socialiste de la Révolution française comme le
précurseur historique du communisme, précédant Babeuf et
Saint-Simon. Avocat au Parlement de Paris et juge de paix,
archiviste et vice-président du club des Jacobins, Boissel le
rebelle est l'auteur contestataire d'une quinzaine d'ouvrages
dont Les Entretiens du Père Gérard paru en avril 1793 et publié
à 6000 exemplaires par les Jacobins. Un ouvrage unique qui
dresse pour la première fois le plan d'un gouvernement révolutionnaire
qui anticipe celui qui sera appliqué un an plus tard
par la dictature jacobine. Par quelle bizarrerie de la destinée
cet écrivain engagé va-t-il passer à la chausse-trappe de l'histoire
et devenir le philosophe oublié de la Révolution ? Lui qui
dénonçait la société et la religion, condamnait la propriété et
l'institution du mariage tout en se faisant le chantre du féminisme,
de l'anti-esclavagisme et de l'écologisme avant l'heure et
la lettre. Pourquoi le nom de ce penseur avant-gardiste ne figure-t-il
pas dans le dictionnaire alors que des thèses ont été écrites
sur lui à la Sorbonne, à Moscou ou à Tokyo ? La re-découverte
des écrits de " Boissel dans le texte " aidera le lecteur à se forger
une opinion sur cet écrivain hors norme que Jaurès qualifia
encore d'auteur "le plus subversif de son époque".