Maroc ordinaire

Depuis 1987, Joseph Marando photographie le Maroc avec une
attention patiente, élaborant une oeuvre de mémoire, à la fois intime et
ouverte aux réalités. Loin des clichés touristiques, rompant avec
l'esthétique des souks colorés et des médinas, il laisse place à la vie
quotidienne des Marocains : culture de l'olivier dans un village du
Moyen Atlas, découverte d'une Casablanca méconnue, rencontre avec
les femmes djbelas de Tétouan ou les jeunes exerçant les
innombrables petits métiers de Fès...
Car derrière l'histoire individuelle de Joseph Marando - parti à
la recherche de ses origines familiales - se dessine peu à peu l'histoire
sociale et culturelle du Maroc de la fin du XX<sup>e</sup> siècle. Dans ce parcours
photographique en noir et blanc, ponctué d'extraits des carnets de
voyage de Joseph Marando, on croise des silhouettes parfois
familières, comme celles des écrivains Paul Bowles ou Mohamed
Choukri. Pourtant, c'est bien en tant qu'acteurs d'un Maroc ordinaire
qu'ils apparaissent ici, un Maroc que l'on a rarement capté sur une si
longue durée, avec autant d'acuité.