Serpula

Serpula
Éditeur: Art-Access
2010443 pagesISBN 9782361850036
Format: BrochéLangue : Français

Après le «Meilleur des Mondes», imaginé par Aldous Huxley... Après

«1984» de Georges Orwell, Mathias Ollivier produit une oeuvre dans la

lignée de ses pairs.

La mérule (latin : serpula lacrymans), que les botanistes connaissent bien,

sert ici de métaphore pour désigner tout ce qui nous envahit et nous dévore !

L'action se déroule dans un univers décadent, à une époque comparable à celle

de la chute de l'empire romain. Suétone est passé par là... Tous survivent sous

la pression d'un système dictatorial qui offre toutes les apparences de la démocratie,

mais dans lequel les citoyens sont contraints à n'avoir plus qu'un seul

amour : celui de leur servitude. Seuls les élus du «Centre» sont à couvert. Par

cette dystopie, Mathias Ollivier renvoie à la société son image. L'humour cynique

de l'auteur souligne sa vision d'un monde en bout de course qui se dévore

lui-même. Un monde absurde, peuplé d'usagers usés, déracinés, manipulés,

dans une ambiance de fin de civilisation. Les héros principaux de l'histoire

(Vera et Marcus) vivent une passion effroyable qui les ronge. Vera le hante.

Parviendra-t-il à en faire le deuil ? La pression qu'exercent sur lui ses fantasmes

le pousse à commettre des actes que la société réprouve. Mais est-ce bien

lui qui agit ?

Tout au long de votre lecture, sans doute vous demanderez-vous : «où est

l'intrigue ?» C'est justement cela l'intrigue ! Et si le récit ne respecte pas la

chronologie des faits, c'est en raison de ce qu'ils se déroulent dans un monde

déstructuré. L'intrigue est partout sous-jacente et prolifère peu à peu. Drame

que vivront, sans aucun doute, les générations qui nous survivont.

Une dystopie est un récit de fiction peignant une société imaginaire, organisée

de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur, et

contre l'avènement de laquelle l'auteur entend mettre en garde. Marcus - héros

principal du récit - prône la «Révolution du Bonheur» qui consiste à rendre

aux citoyens le bonheur auquel tous ont droit. Pour y parvenir, il s'agit de

détruire la mérule qui est le mal absolu.

Reste que, dans le récit de Mathias Ollivier, un certain nombre de faits

désormais avérés laissent peu de place à la fiction et amènent à se demander

comment on pourrait encore rétablir certaines valeurs...

L'impact de ce type de roman sur la science-fiction conduit à qualifier de

dystopie tout texte d'anticipation sociale décrivant un avenir sombre. Alors

visionnaire ? Iconoclaste ? Peut-être pas tant que cela...

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