Contre l'Europe de Bruxelles : fonder un Etat européen

«Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en
disant «l'Europe !», «l'Europe !», «l'Europe !», mais cela n'aboutit à
rien et cela ne signifie rien.» Charles de Gaulle, Discours et messages.
La sentence gaullienne a frappé les esprits. Elle a visé juste jusqu'à
aujourd'hui. Mais, n'est-ce pas faute d'avoir abandonné notre
communauté de destin, l'Europe, aux mains des seuls politiciens et
des eurocrates ?
L'Europe n'appartient-elle pas d'abord aux Européens ? Comment,
dans le même temps, peut-on laisser certains expliquer que l'Europe
est la cause de tous nos maux alors que l'idée européenne est la
solution face à la mondialisation ?
Des Thermopyles au Traité de Rome, des tranchées de Verdun aux
travées du Parlement Européen à Strasbourg, les Européens ont su
résister, dépasser leurs querelles, créer, et innover.
Et si la prochaine innovation était institutionnelle ?
Et si l'on construisait enfin l'Europe, une autre Europe, notre
Europe ? Face à la crise, et contre les fauteurs de décadence.
Naturellement engluée dans un brouillard libéral et mondialiste,
l'Europe navigue à vue.
Face au monde multipolaire qui se dessine, et comme à chaque
rendez-vous avec l'Histoire, l'Europe devra choisir entre la puissance
ou la mort.
La mort, c'est subir la crise, accepter le déclin, décourager ses forces
vives et laisser fuir sa jeunesse pour ne devenir qu'une ombre de
ce que les Américains appellent déjà «la vieille Europe», celle des
musées, des maisons de retraite et des souvenirs.
La puissance, c'est envisager le renouveau, le dépassement des
États-Nations, la construction d'un État européen volontariste et
pragmatique. Fédéral et régional, afin de respecter et de protéger la
diversité culturelle des peuples européens, il se doit d'être en mesure
de répondre aux attentes sociales des populations. Fort et puissant
afin de promouvoir et de défendre, au-delà de toute idéologie, les
intérêts matériels et immatériels, les valeurs et les traditions
culturelles des Européens, il doit oser rayonner à travers le monde.
Cri d'alarme et cri du coeur, ce livre appelle à un élan collectif vers
un État européen, un État d'urgence ! Il est temps que le cabri se
fasse loup !