Les gravures rupestres du Bégo : recherches sur le statut et les interprétations des pétroglyphes protohistoriques

Les gravures rupestres du Bego
Recherches sur le statut et les interprétations des pétroglyphes protohistoriques
Au coeur du Mercantour (Alpes-Maritimes), à environ 80km au nord de Nice, le site du mont Bego renferme, entre 1900 et 2935 m d'altitude, l'un des plus remarquables patrimoines culturels de l'arc alpin.
Plus de 100 000 gravures protohistoriques y ont été recensées dont 40000 figuratives : le Sorcier, le Chef de tribu, le Christ ou la Danseuse ne sont que quelques-uns des chefs-d'oeuvre du Chalcolithique et de l'âge du Bronze ancien (3300 à 1800 av. n. è.). Partout surgissent des têtes « cornues », bovidés d'un monde disparu, des porteurs d'arc ou de haches au style volontiers bonhomme, des poignards, mais aussi des motifs géométriques, des réticulés - des cours d'eau, des champs ? -, des séries de cupules, dont l'organisation et le sens restent énigmatiques.
Ces pétroglyphes sont-ils des graffitis, des inscriptions symboliques, pictographiques, ou déjà idéographiques, voire syllabo-graphiques ? Peut-on les considérer comme une pré-écriture, une proto-écriture ou déjà une écriture ? Quelles sont leurs significations symboliques, leurs rôles rituels ? Que nous disent-ils des préoccupations économiques, des mythes cosmogoniques, de la pensée symbolique et des traditions culturelles des peuples pasteurs et agriculteurs des Alpes méridionales du IV<sup>e</sup> et du III<sup>e</sup> millénaire avant notre ère ? Des questions auxquelles Henry de Lumley et son équipe, qui étudient le site depuis plus de cinquante ans, tentent de répondre en présentant et en analysant ici une documentation exceptionnelle.