Morio Matsui

Fidèle à son ascendance samouraï, la devise du peintre Morio Matsui pourrait être : posséder son art et maîtriser son corps. Toujours, indissociablement. Sa démarche n'est pas de rupture mais de progression continue. D'abord acquérir des connaissances, maîtriser une technique. Etape qui n'est pas la plus facile lorsque, pour accéder aux sources de l'art occidental, il faut s'expatrier ou que, pour prétendre, à ses yeux, l'avoir franchie, il lui aura fallu savoir rendre la lumière avec le noir et le sombre avec le blanc. Ensuite, mobiliser toute son énergie, discipliner le corps, lui donner les moyens de soutenir l'effort en évitant l'épuisement physique ou la rupture nerveuse. Pour le peintre, ce sera le travail des doigts, de la main, du poignet et l'adoption de rythmes alternés. On imagine mal l'épreuve musculaire que représente la réalisation d'un pastel de 150 x 100 cm. Par ailleurs, préparer l'esprit à fournir les réserves psychiques et nerveuses permettant d'assurer le relais, au cas où un effort imprévu serait demandé de surcroît alors que le corps aurait déjà atteint ses limites. S'efforcer de disposer d'un excès de ressources mentales pour faire face aux aléas. Enfin et surtout, intégrer la contrainte du temps sans lequel il n'y a pas d'apprentissage qui vaille. Au Japon, aussi longtemps que l'on n'a pas fini d'apprendre, on se tait. Etre le second ou le millième, c'est pareil. Et l'effort est solitaire car le maître, s'il est respecté pour sa connaissance, s'il donne confiance par son exemple, ne permet pas de faire l'économie de sa propre expérience. A chacun, au bout du temps, d'avoir trouvé sa voie. Modestie, volonté, humilité, énergie. C'est un tout. Morio Matsui, fils du Soleil levant, vit aujourd'hui en Corse, face au soleil couchant des Sanguinaires. Il a trouvé dans l'île de Beauté la lumière de la vie.
Faithful to his samurai heritage, the motto of the painter Morio Matsui could be, to possess his art and to master his body. The two are alway indissociable. His approach is not one of rupture but of a continuous progression. First it is necessary to acquire knowledge and to master a technique. This is not the easiest stage given that, in order to reach the sources of Western art, it is necessary to go into exile. He believes that it can only be said to be achieved once the artist has the ability to create light with black, and dark with white. The next step is to mobilise all energy in order to discipline the body, to give it the means to withstand the necessary effort, whilst avoiding physical exhaustion or a nervous breakdown. For the painter this concerns the work of the fingers, the hands and the wrist, and necessitates the adoption of alternate rhythms. It is difficult to imagine the muscular effort necessary to realise a pastel measuring 150 cm by 100 cm. Besides, if the mind is trained to provide the necessary physical and nervous back-up, you will be able to continue if an unexpected effort is neccesary, even when the body has already reached its limits. And so, he forces himself to dispose of an excess of mental ressources so as to be ready for all eventualities. Lastly, and most importantly, it is necessary to integrate the constraint of time, without which there is no worthwile apprenticeship. In Japan as long as you haven't finished learning you remain silent. To be second or a thousandth is exactly the same. And effort is solitary since the master, if he is respected for his knowledge, provides confidence by his example but does not allow you to bypass the necessesity of personal experience. It is up to each individual, after a certain amount of time, to find his way. Modesty, will, humility, energy are all part of the same thing. Morio Matsui : from the Land of the Rising Sun, to where the sun sets over Corsica and its Blood-red Islands. On this lsle of Beauty where he now lives, Matsui has found the light of life.