Orages sur Venise

Le jour de ses trente-cinq ans, l'obsession de la mort tombe
comme une chape de plomb sur les épaules de Simon Chevance.
Pour l'apprivoiser ou s'en débarrasser, il multiplie des tentatives
contradictoires : il questionne le Ciel et se gorge d'esthétisme
noir, s'exerce à une ascèse radicale et joue les Don Juan. Le voici
qui interroge son enfance, le voilà qui assiste des moribonds.
Vous le verrez téméraire au volant, en montagne, à la tête d'une
école. Porté par ses défis, il finit par viser une maîtrise absolue
inaccessible aux simples mortels. Tel est Chevance, telle est sa
«folie».
Venise, sa compagne, fait les frais de cette quête maniaque.
Trois fois quittée, trois fois retrouvée, elle est pourtant celle qui
détient les meilleurs sésames. Quand Simon s'en rend compte,
c'est au mystère de l'amour qu'il s'attaque, montant des plaisirs
du sexe aux passions du coeur pour affronter enfin l'amour de
tête, le redoutable amour blanc. Mais où est Venise dans tout
cela ? Partout et encore ailleurs : elle le fera savoir.
Un roman raconte une histoire ; il peut en cacher un autre, qui
dirait comment s'écrit cette histoire. Des fragments en italiques
divulguent une part du secret, celui de la bagarre amoureuse qui
oppose l'écrivain à l'écriture, l'auteur à son texte devenu
personnage.
Tout s'envolerait si les héros ne dégringolaient de leurs cimes
sous les coups de boutoir de l'ironie, de l'humour, de l'érotisme.
Humains, absolument.