Hector Berlioz : regards sur un Dauphinois fantastique : actes du colloque des 16, 17, 18 octobre 2003 Grenoble-La Côte-Saint-André

Hector Berlioz a quitté sa ville natale à dix-sept ans pour ne pratiquement plus
jamais y revenir !
Cela explique-t-il que certains des critiques de son temps le perçurent davantage
comme un homme de lettres, voire comme un autodidacte inspiré, plutôt
que comme un compositeur policé ?
Le modèle social d'une communauté peu musicienne, mais catholique, n'avait-il
pas laissé une empreinte, situant en effet la musique dans une sphère de ferveur
et de naïveté ? L'absence d'institutions musicales savantes n'avait-elle pas, de fait,
même si confusément, suscité un instinct sûr, défiant des règles de l'école et sensible
à l'inspiration populaire ? Par ailleurs, l'étrange alliage que pouvait représenter
une éducation humaniste mâtinée, jusque dans la vie des notables, de rusticité,
ne favorisa-t-il pas les élans d'imagination que la révélation parisienne du
monde de l'opéra puis de l'univers symphonique allemand n'eurent qu'à exalter ?
C'est peut-être ainsi qu'entre instinct, sentiment et grand art, le Dauphiné a
pour partie engendré le fantastique, appelé à s'épanouir dans d'autres sphères.