La rage et l'aurore

«Je me suis mise à crier dans l'appartement, elle pouvait
pas m'arrêter : ce voile, ça signifiait que Dieu s'était
planté, que sa création était mal foutue puisqu'il fallait la
cacher / C'était n'importe quoi / Et puis si les cheveux
étaient si sensuels, les mecs devaient cacher les leurs aussi /
Basta / Le voile était un signe de soumission, et j'avais pas
envie d'être soumise / À personne / Pas même à l'imam
Tayeb sauf le respect que je lui devais / Soumis, ça signifiait
être mis en dessous, j'étais pas un dessous de plat, j'étais pas
une sous-couche / De toute façon, mon corps m'appartenait,
j'en faisais ce que je voulais / Je le montrais à qui
j'avais envie / si je voulais être stripteaseuse ou nonne bouddhiste
ou nonne bouddhiste stripteaseuse, ça me regardait /
Je laisserais caresser mon corps par qui je voulais, mon
chat, le vent ou mon petit ami.»
Raïssa, jeune Kabyle des banlieues, refuse la loi dictée
par les «petits chefs». Avec rage, humour et courage,
elle se bat pour conquérir sa liberté et s'affirmer en tant
que femme. Sa rencontre avec Raphaël, professeur de
philosophie, joueur de poker et amoureux de la mer, va
lui permettre de voir se lever l'aurore d'une nouvelle vie
et d'y prendre son envol.
Un roman d'actualité sur l'espoir, la tolérance, la solidarité,
la liberté.