Sous le lichen du temps : poèmes en prose

C'est une double promenade que nous propose ce recueil, à travers les
jardins et à travers le souvenir. C'est sur un mode discontinu, dans une
écriture dépouillée, presque minimaliste et sans pathos , comme dans une
confidence à mi-voix, que ces textes égrènent ce thème du temps qui
recouvre tout de sa patine comme le lichen enfouit l'écorce vive sous sa
mousse.
Ce sont des haltes méditatives dans ces «jardins de toute sorte»,
changeants au fil des saisons, et qui, dans leur exubérance comme dans leur
agencement savant, incarnent la vie, sa puissance renaissante au delà d'une
mort personnelle à accepter avec sérénité.
Comme dans ses précédents recueils, Joëlle Gardes creuse les sillons de
la mémoire, la sienne et celle du monde, ici incarné par les jardins, dans
une méditation discrètement lyrique et nostalgique en quête de
réconciliation.
Les photographies abstraites de Patrick Gardes, qui accompagnent ces
courts poèmes sans les illustrer, ne les redoublent pas mais sont des
incitations à poursuivre la rêverie douce amère à laquelle ils nous convient.