Les oubliés de La Rochelle

Dans l'arrière-boutique de la fabrique à sommités rochelaises,
loin des spots, dormant dans les cartons de l'histoire, il y a tous
ceux qui se sont fait un nom ailleurs. Nés en pays rochelais,
ils l'ont quitté certains de gré d'autres de force et ont mis leur
talent au service de causes ou de villes lointaines. L'une a été
la première femme en ballon, une autre a écrit l'un des contes
les plus célèbres au monde. L'un a créé la franc-maçonnerie
moderne, un autre a été un héros du Saint-Empire Romain
Germanique. L'un est aujourd'hui considéré comme le vrai
fondateur de l'ophtalmologie, un autre a son nom inscrit sur
l'Arc de Triomphe. L'une est la lointaine aïeule de la candidate
malheureuse à la présidence des États-Unis, un autre agent secret
et ami de Simon Bolivar, le héros de l'Amérique du Sud. L'un a
commandé le premier sous-marin autonome du monde, un autre
est devenu, post mortem , le héros d'un roman distingué du prix
Interallié.
Sans eux, le monde n'aurait pas connu La Belle et la Bête , Bill
Clinton n'aurait pas rencontré Hillary qui n'aurait pas affronté
Donald Trump, Simon Bolivar serait mort avant de devenir le
héros de l'Amérique du Sud, Monsieur le Consul n'aurait jamais
été écrit, la franc-maçonnerie ne serait pas ce qu'elle est, le
féminisme et la Moravie non plus.
Ces Rochelais ont marqué l'histoire de leur empreinte mais ont
tourné le dos à leur terre natale... qui le leur a bien rendu par son
silence à leur égard.