Critique, n° 762

Tout part d'une première question adressée à Bergson : comment
se fait-il que dans sa conception de la durée, il soit si peu question
des affects qui pourtant nous donnent accès au temps : l'attente, le
regret, le deuil, la mélancolie ? Comment expliquer que le temps ne
soit jamais évoqué dans ses aspects les plus destructeurs ? Et
pourquoi nous invite-t-il toujours à épouser l'écoulement de la
durée ? Est-ce justement pour ignorer ces aspects ? Mais il y a une
deuxième question, inverse de la première, qui peut aussi lui être
adressée : si, comme l'affirme Bergson, la durée est synonyme de
mémoire, comment peut-on penser un authentique sens de l'avenir ?
La liberté peut-elle être autre chose que la reprise de tout notre
passé ? Un Bergson mélancolique ?
Ce livre est une réponse du bergsonisme à ces questions.