Le théâtre de Satan : décadence du droit, partialité des juges

Le théâtre de Satan : décadence du droit, partialité des juges

Le théâtre de Satan : décadence du droit, partialité des juges
Éditeur: Aencre
2002375 pagesISBN 9782911202537
Format: BrochéLangue : Français

Les acquis de la civilisation juridique de l'Europe continentale

sont en pleine involution régressive. Pour cette civilisation dans

laquelle les juristes, communément sidérés, croient encore vivre, le

droit et la morale étaient deux disciplines distinctes. Mais le raisonnement

juridique redevient insensiblement une casuistique, dans

l'indifférence générale, comme au temps des procès en hérésie ou en

sorcellerie, au temps du "théâtre de Satan".

Tout acte, même licite en soi, peut devenir criminel ou délictuel,

en fonction de la conscience intime de celui qui le commet : ce n'est

donc plus l'intention objective qui prévaut dans la définition même

de l'infraction. La question qui exprime l'essence du juge n'est plus :

"le sujet a-t-il voulu l'acte ?", mais de plus en plus "pourquoi a-t-il

voulu l'acte ?". Apparaît le concept de délit peccamineux.

Dès lors le juge est appelé à rechercher, par la restauration d'un

procédé archaïque, si l'accusé ou le prévenu est ou non «en état de

grâce» , marque d'un temps que l'on croyait révolu, malgré la parenthèse

soviétique, après Beccaria, Bentham, Kant ou Hegel. Jugeant à

nouveau au nom du Bien ontologique, ici celui des "droits de

l'homme", le juge est amené à refuser son libre arbitre intime à la

personne jugée, dans une lutte de tous les instants contre le péché. Le

juge doit aussi se départir de son équanimité impartiale en présence

d'un délinquant politique, en ne tenant plus compte du seul désintéressement

du sujet, mais suspendant sa bienveillance à l'adéquation

de ses idées et de ses sentiments avec le Bien.

Du procès de Nuremberg (1945-1946) aux cas Barbie, Touvier ou

Papon, en passant par les lois "antiracistes" ou antirévisionnistes, le

droit de l'Europe continentale se délite en s'adonnant aux abus de la

théocratie. En fait, le droit en décadence se confond de plus en plus

avec la morale antidiscriminatoire ("antiraciste/antifasciste"). Tout

cela se passe sous l'égide de la ploutocratie et du gauchisme

soixante-huitard, réunifiés dans l'"antifascisme" et l'avidité

hédoniste. Ne cherchons pas ailleurs la fameuse "diabolisation"

qui frappe en Europe les idées politiques, mais aussi les sentiments

identitaires. L'obscurantisme est de retour : derrière les "droits de

l'homme", la Terreur ?

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