Peindre et dire les passions : la gestuelle baroque aux XVIIe et XVIIIe siècles : l'exemple du Musée Fesch d'Ajaccio

À partir d'un choix de tableaux français et italiens, pour la plupart
issus des collections du musée Fesch d'Ajaccio, Nicole Rouillé nous
propose une approche originale de la Rhétorique gestuelle aux XVII<sup>e</sup> et
XVIII<sup>e</sup> siècles, et apporte ainsi sa contribution à cette "découverte du
continent baroque" qui séduit les chercheurs depuis la première moitié
du XXe siècle.
La composition, les postures, les gestes, les physionomies, en résumé
l'ensemble des choix du peintre ne sauraient reposer sur sa seule
inspiration. Une judicieuse mise en rapport des traités de l'époque, fréquemment
cités tout au long de l'ouvrage, avec les tableaux étudiés, permet
de rendre compte de façon évidente que les choix du peintre s'inscrivent
pleinement dans une esthétique du geste, du mouvement, de la
mise en scène...
Mais pour appréhender totalement ce sujet, on ne saurait le limiter
à la peinture, bien trop liée aux arts de la scène, à l'éloquence. Jean-Marc
Olivesi rappelle dans sa préface que cette période "lie la théologie, l'esthétique
et la réthorique aux différents arts, articulés de manière quasi
dialectique".
C'est en élargissant son propos que Nicole Rouillé rend sa
démonstration plus probante.
Ainsi la célèbre formule de Nicolas Poussin, Moy qui fais profession
des choses muettes , ne saurait faire oublier tout ce que la peinture
doit au "corps éloquent".