Chroniques bleues ou Le temps arrêté

«Enfin, la mémoire intensifie le bonheur passé car elle
en fait sentir le prix. Certes, l'innocence de la brièveté a permis
de goûter l'instant sans aucune médiation. Mais le
retrouver ensuite, si bien inscrit dans la mémoire, fait qu'on
le recueille comme un trésor, digne d'être inscrit à son tour
dans la mémoire du livre», note Dominique Dumas dans son
analyse des Confessions de Rousseau (éd. du Temps), ajoutant
aussitôt que «passés au feu de l'alchimie intérieure les souvenirs
parlent d'or», et que «plus les détails sont infimes, plus
ils sont précieux».
Voilà qui est passionnant et pousse Pierre Vallier à
continuer ses promenades littéraires dans l'hier et l'aujourd'hui
de l'Ardèche et de la Drôme, ses lieux de prédilection.
En «chroniqueur des instants précieux et courtois de la vie
provinciale» (Isabelle Carra, dans La Drôme), il poursuit une
oeuvre de petites proses murmurantes. Et puis nous savons
bien avec Dominique Rolin que écrire c'est aimer, et même
être aimé.