Le cours d'action : l'enaction & l'expérience

Trois hypothèses, celles de l'enaction, de l'expérience (ou conscience préréflexive) et de l'activité-signe,
précisent le programme de recherche empirique 'cours d'action' en étude de l'activité humaine relativement
au noyau d'idées (autonomie, construction de sens, émergence, incorporation et expérience) qui caractérise
l'approche enactive dans toute sa généralité et variété d'interprétation. Cet ouvrage explore les possibles
des notions d'enaction et d'expérience qui n'ont pas encore donné lieu à des recherches systématiques. Pour
ce qui est des recherches empiriques (sur les activités de travail et d'usage de produits, sur les activités
sportives et d'entraînement sportif, sur les activités artistiques, sur les activités de réception artistique ou
muséale et sur les activités des enseignants et apprenants dans diverses situations pédagogiques) et des
recherches technologiques associées, cet ouvrage renvoie le lecteur aux ouvrages antérieurs (chez le même
éditeur) et aux publications d'autres auteur(e)s. La Partie A présente de façon en partie renouvelée la notion
épistémologique générale de programme de recherche à travers l'exemple du programme de recherche
empirique 'cours d'action'. Son contenu s'intègre ainsi à la fois à la Partie B et à la Partie C et constitue
un point de référence pour la Partie D. La Partie B ouvre sur une analyse multi-niveaux (spatiaux, organisationnels,
culturels et temporels) des activités humaines, y compris de recherche, en relation organique
avec le développement d'une recherche technologique en ingénierie des systèmes artefactuels, organisationnels,
culturels et historiques larges et complexes. Un cas spécifique est considéré, celui de l'ingénierie
des situations sûres. La Partie C ouvre sur le développement d'une analyse empirique des activités de
recherche et présente les éléments d'une théorie de la connaissance, plus précisément d'une épistémologie
enactive, en termes, non pas de produits et tâches de recherche, mais d'activités de recherche comme
enaction et expérience, débouchant sur une encyclopédie enactive. Enfin, la Partie D problématise les
notions d'enaction et d'expérience à travers un dialogue avec les philosophies du bouddhisme. Un tel
dialogue, inauguré par F. Varela, l'un des deux initiateurs de l'approche enactive, permet en outre de
préciser des éléments d'une philosophie de l'existence cohérente avec cette épistémologie enactive. À
l'occasion de chacune de ces quatre Parties , un retour est effectué sur les notions et méthodes développées
dans le cadre du programme de recherche empirique 'cours d'action' qui améliore leur contenu et leur
expression. La Conclusion générale précise quelques caractéristiques de ce que peut être une activité
politique et éducative qui accompagne le développement de cette épistémologie, de cette encyclopédie
et de cet existentialisme enactifs.