L'enfant qui maudit Dieu

Un enfant observe sa drôle de famille : le grand-père, protestant à
tendance orgueilleuse ; la mère, protestante à tendance hystérique ; le père,
Juif polonais à tendance Français universaliste. Chacun cultive à sa façon
le douloureux souvenir d'une barbarie historique et tente d'en tirer une
preuve de l'existence de Dieu ou une raison de ne pas y croire.
Dans cette Babel miniature des rives de la Dordogne, le regard enfantin
révèle l'absurdité des croyances. S'en mêlent un pasteur camerounais, des
immigrés italiens, des francs-maçons athées, un instituteur tortionnaire,
le fantôme de Trotsky et un pauvre cochon que l'on sacrifie sans pitié.
Puis l'ambiance tourne à l'aigre-doux. Accablé par les «devoirs de
mémoire», l'enfant regarde de haut un monde d'adultes décidément bien
petits, chez lesquels le prétendu souci du bien n'inspire que mépris et
révolte. Alors l'enfant maudit Dieu, responsable de tout, dans l'espoir
hasardeux de se réconcilier avec les hommes.