Le grec du monde colonial antique. Vol. 1. Le N. et N.-O. de la mer Noire : actes de la table ronde de Nancy 28-29 septembre 2007

Dans son exploration de l'histoire et des variétés de la langue grecque
antique, l'équipe de recherche dirigée par Claude Brixhe, René Hodot, puis Guy
Vottéro, ouvre un nouveau chantier d'études : celui du grec dans les colonies. En
effet une partie importante des locuteurs grecs de l'Antiquité résidait dans des
territoires très éloignés de la Grèce continentale et insulaire, et situés aux confins du
monde «barbare» ; c'est une situation linguistique exceptionnelle qui a été très peu
étudiée, principalement en raison du faible nombre de documents disponibles
pendant longtemps, mais aussi, dans une moindre mesure, à cause de l'éloignement
géographique par rapport à Athènes, souvent considérée comme le centre du monde
grec antique.
Les études antérieures menées dans ce domaine ont toujours été envisagées
dans le cadre linguistique des métropoles à l'origine de ces nombreuses colonies
essaimées tout autour des côtes de la Méditerranée et de la Mer Noire. Or l'éloignement
géographique, l'environnement politique et humain, les conditions économiques
très variables d'une colonie à l'autre ont inévitablement et rapidement entraîné
des divergences importantes, voire des ruptures, avec les métropoles ; et, d'un point
de vue linguistique, il en est résulté nécessairement une situation à la fois variée et
complexe.
La première Table Ronde organisée en septembre 2007 est consacrée au grec
dans les colonies du N. et N.-O. de la Mer Noire, du détroit de Kertch au sud de la
Bulgarie. Elle a réuni une dizaine de chercheurs, archéologues, historiens, épigraphistes
et linguistes, qui ont présenté l'état des recherches dans cette région, et a
donné lieu à la publication de huit articles synthétiques. Une large place a été faite
au contexte archéologique, historique et épigraphique, afin d'éclairer le plus
précisément possible la situation linguistique propre à chaque colonie.