Une victoire sur l'intolérance : l'affaire Calas

Le 10 mars 1762, Jean Calas, un marchand protestant, meurt sur la roue,
Place Saint-Georges, à Toulouse. Toute la ville est convaincue que Marc-Antoine,
le fils aîné de la famille, a été assassiné par les siens afin d'empêcher sa
conversion au catholicisme. Portée par la haine des calvinistes, c'est toute la ville
qui, avec les juges, prononce la terrible sentence.
Fanatisme huguenot ou fanatisme catholique ?
Voltaire, convaincu de l'innocence des Calas, publie son Traité sur la tolérance
dès 1763 et mène alors une campagne d'opinion formidablement moderne,
enrôlant contre «l'Infâme», l'intolérance d'où qu'elle vienne, toutes les élites de
l'Europe éclairée.
S'il parvient à arracher la réhabilitation des Calas par le Parlement de Paris
dès 1765, son combat est aussi, surtout, un événement créateur des valeurs dont
se réclame toujours la démocratie. L'affaire Calas fut d'une époque et d'un lieu,
elle n'en demeure pas moins un moment fondateur que José Cubero analyse ici
en historien.