Vers la post-démocratie ? : notre présent et notre avenir

Voilà un titre qui pourrait paraître bien prétentieux à
vouloir cerner l'avenir s'il n'était ponctué par l'interrogation.
Voilà un titre qui aussi pourrait être taxé d'irrationnel
en tant qu'il paraît vexer et contrarier l'intuition démocratique,
lui suggérant que le concept de démocratie est désormais
satisfait par les formes politiques à ce jour trouvées. En fait,
l'ouvrage de Robert Charvin n'a rien de prophétique, il s'agit
d'une analyse qui se contente de décrire le présent, un présent
tel qu'il est structuré et représenté à partir des intérêts de ceux
qui le dominent, un présent prétentieux et irrationnel qui trouve
trop souvent la complicité zélée de clercs moralistes et experts
pour donner valeur à ce qu'il faut exactement nommer brutalité
des actes et vulgarité des discours. La post-démocratie c'est notre
présent, ce qui nous est présenté, proposé : l'accentuation et
l'épanouissement de l'actuel qui n'attend que notre acquiescement
pour réaliser le milieu le plus convenable aux hommes et
aux peuples.
Devenir post-démocrate. Voilà le mot d'ordre discret, mais largement
dispensé, nous dit Robert Charvin, auquel il faudrait
que nous nous rallions.
Jacques Michel
Professeur à l'Institut d'etudes politiques de Lyon
(extrait de la préface)